octobre 2005

octobre 2005
Les premiers concerts de Vegastar ont commencé en 2004 et l'album sort finalement maintenant fin 2005. Etiez vous impatients de le voir sortir et est ce que l'attente a été longue ?

C'était long, oui et non, vu qu'on s'est formé il y a un peu plus de 2 ans seulement. Tout s'est enchaîné assez vite puisque juste après notre formation, on est tout de suite parti enregistrer des titres pendant 2 mois, on avait enregistré 8à 9 titres. Rapidement, Pleymo nous a proposé de faire quelques dates avec eux sur leur tournée, on est donc parti avec eux pendant 3 mois pour une trentaine de dates. Après çà, on n'avait que 8 titres, donc pas assez pour faire un album. On est donc retourné pour une nouvelle session intensive qui a duré assez longtemps, tout en continuant les concerts comme la première partie de The Rasmus à Paris. Au moment où on était prêt à enregistrer notre disque, on n'avait toujours pas de maison de disques, on avait une vingtaine de chansons, on s'était donc dit qu'on en prendrait 12 pour l'enregistrement en négociant avec les maisons de disques pendant l'enregistrement sachant qu'on le sortirait quand même au pire si on ne trouvait pas de maison de disques. Finalement, çà s'est fait avec Virgin. Donc finalement, c'est vrai qu'il s'est écoulé du temps entre les concerts de 2004 et la sortie de l'album, mais çà a été plutôt bénéfique.

Au moment de l'enregistrement, vous aviez une idée précise du son et de ce que vous vouliez sur l'album ?

Avec Vegastar, c'est un peu compliqué parce qu'il faut faire sonner des guitares assez métal avec une grosse disto et des éléments électros. C'est parfois assez complexe et il y avait des morceaux où il y avait plus de 40 pistes. C'est dur à mixer. On n'a pas vraiment de modèle de production mais dans l'esprit, on voulait se diriger vers un mélange de sons métal mélangés à de l'électro avec une voix assez en avant. En France, on avait du mal à trouver quelqu'un capable de gérer ce son là, c'est donc pour çà qu'on est parti en Suède.

Quand on écoute le son, c'est vrai qu'il existe vraiment des morceaux assez différents les uns des autres?

Moi, j'aime bien entendre un album qui n'est pas le même du début à la fin. On avait écrit beaucoup de titres et on en a gardé que 11 finalement parce qu'on souhaitait quelque chose de cohérent mais pas chiant en même temps avec des respirations, des morceaux assez différents qui sonnent plutôt métal, ou d'autres plutôt new wave, une juste piano-chant. On voulait un album qui respire et qui soit différent du début à la fin tout en gardant l'attitude Vegastar. Au niveau du son, quand on a mixé l'album, on a donné des directives assez particulières par rapport aux titres.

Avant Vegastar, vous étiez tous dans d'autres groupes, est-ce que ces différentes expériences vous ont servi pour Vegastar ?

Bien sûr. Déjà pour Vegastar tout a été assez vite, on s'est formé il y a peu avec un premier album mais il est vrai qu'on vient tous de la musique avec des expériences antérieures avec des groupes qui ont plus ou moins marché, on a donc beaucoup appris musicalement. Dans Vegastar, on a un peu tous trouvé ce qui nous manquait dans nos précédents groupes. Par exemple, avec Noisy Fate, on faisait plus de la pop et je voulais faire quelque chose de plus énergique. On s'est complété par rapport à ce qu'on voulait faire. Ensuite, nos expériences passées nous ont pas mal appris sur la musique et ses travers en France. On avait des connaissances au niveau des maisons de disques aussi, et çà a donc été plus vite.

Nouvel Orage est le titre de l'album et un titre d'un de vos morceaux. C'est le titre qui représente le mieux l'univers que vous souhaitiez donner à l'album ?

On a appelé l'album comme çà pour plusieurs raisons. Le morceau déjà effectivement représente bien l'album parce qu'il est assez rentre dedans avec des riffs de guitare et une rythmique électro sur le couplet avec une envolée de chant assez pop sur le refrain qui résume bien ce qu'on veut faire avec Vegastar. On aimait aussi avec ce titre l’image un peu rentre dedans, l'image : on arrive, on va tout casser, pour un premier album. Ce morceau est aussi un des premiers qu'on a composé, on le jouait sur la tournée de Pleymo, c'est aussi une façon de les remercier les gens en faisant une petite dédicace aux gens qui nous suivent depuis le début.

Au niveau des textes, les thèmes abordés sont plutôt sombres.

C'est vrai que ce n'est pas toujours gai mais on n'est pourtant pas dépressifs dans Vegastar mais c'est toujours plus facile de parler quand çà ne va pas dans ta vie plutôt que quand çà va bien, les moments de joie, on préfère les vivre plutôt que de les mettre sur papier. Je n'ai donc plus tendance à écrire sur une relation amoureuse avec une fille qui n'a pas marché plutôt que quand je suis bien avec une fille. Je n'ai pas besoin d'en parler, je vis la relation et c'est plutôt cool. Mais les textes représentent aussi tout ce qu'on a vécu ces dernières années et même plus loin en remontant à notre adolescence. On a eu tous des hauts et des bas, même juste le fait d'avoir eu envie de faire de la musique et d'avoir du se battre à l'école, avec les parents qui disaient que la musique n'est pas un métier. Faire de la musique son métier est un peu une sorte de rébellion à la base. Les textes parlent donc un peu de cette revanche sur la vie.

100ème étage était pour vous le single évident.

Il y en a plusieurs qui pouvaient être évidents dans cet album. On a choisi celui là car il nous semblait le plus original par rapport à ce qui se fait ou faisait actuellement dans les groupes français. On ne voulait pas arriver avec un morceau et être comparé direct à quelqu'un d'autre. C'est un morceau très pop avec un côté assez radio qui fonctionnait bien pour un single. On voulait donc commencer par celle là et il y aura peut être d'autres singles après.

Vous avez intégré la Team Nowhere, mais quand on vous compare avec les autres groupes présents dans cette Team, au niveau son, vous êtes assez différents justement.

Je pense que tous les groupes de la Nowhere sonnent différemment. On a tous la base rock des années 90 avec le grunge, Korn, etc., c'est une influence qui est à la base de chacun je pense. Ensuite, on a plus dévié vers des choses assez pop en intégrant des sons new wave par rapport à des trucs comme Dépêche Mode ou Cure. Enhancer sont plus influencés par les trucs hip hop. Pleymo se rapprocherait plus de nous, ils ont cette base pop chantée, avec un métal un peu véner. Chacun a évolué différemment, on sonne peut être plus pop que les autres, c'est vrai.

Sur les premières dates avec Pleymo, vous vendiez un 5 titres autoproduit, et depuis il y avait de nombreux sites de fans qui se créaient. J'imagine que çà doit vous faire plaisir après les galères que vous avez pu vivre.

C'est clair parce que si on ne peut pas parler de galères avec Vegastar, on peut en parler avec nos anciens groupes. On a eu des désillusions. Quand tu formes un groupe à 15 ans avec tes meilleurs potes, que tu souhaites une grande carrière, et qu'au bout d'un moment, tu te sépares de ce groupe là, ce n'est pas forcément facile à vivre. C'est assez dur, mais après j'ai pu rebondir avec Vegastar et être aujourd'hui à un niveau où je n'ai jamais été avec Noisy Fate. C'est une belle revanche.

Vous faîtes l'Europe 2 Campus tour. Comment est arrivée la date ?


Cà s'est passé assez simplement, Europe 2 nous l'a proposé. Virgin avait envoyé le single aux radios et Europe 2 a été une des premières à dire banco sur leur antenne. Ils nous ont donc contacté après pour nous proposer cette tournée avec Mélatonine et Mass Hystéria qu'on côtoie aussi hors scène.

Vous jouez aussi avec Kyo.

Oui, j'étais au lycée avec eux. Il y avait 2 groupes au lycée, Noisy Fate et Kyo, on faisait un peu la guerre mais on était potes, c'était à l'époque celui qui aurait le plus de succès. A l'époque, c'était nous mais ils nous ont bien rattrapé après ! On est toujours resté en contact avec nos amis communs du lycée. Quand j'ai intégré Vegastar, je leur ai fait écouté, je leur ai présenté les autres membres du groupe et çà s'est bien passé. On a fait plusieurs fêtes ensemble. Ils nous ont donc proposé de jouer avec eux, pour nous, c'est l'occasion de jouer devant du monde, devant un public qui n'est pas acquis d'avance. C'est un beau challenge.

Sur l'album, vous remerciez David et Cathy Guetta !


Oui, on les a rencontré au Pink Paradise. Ils nous avaient invités à faire la fête chez eux, on était invités à l'anniversaire de Cathy, c'était l'occasion de faire de bonnes fêtes et de côtoyer du beau monde. Ils nous suivent, c'était aussi une façon de les remercier. David Guetta est dans la même maison de disques. D'ailleurs, il y a longtemps, on voulait qu'il fasse un des remix de nos morceaux, finalement c'était moins simple qu'on ne le pensait d'avoir un de nos morceaux remixé par David Guetta. On s'était revu après, il était cool. Il a beaucoup d'influence au niveau de la new wave'On le remercie comme çà pour les fêtes auxquelles il nous invite.

# Posted on Monday, 19 December 2005 at 6:47 PM

octobre 2005

octobre 2005
Vegastar
Plus près des étoiles


Quand "100ème étage" rime avec "Un nouvel orage", c'est que Vegastar n'est pas très loin dan les parages. Récit d'une fabuleuse ascension, celle d'un groupe de show rock qui assure et qui s'assume. Plus près des étoiles et déjà parmi nous.

Est-ce en enregistrant votre premier disque que vous avez senti ce qui vous animait?

Jey (guitare) : Non pas vraiment, parce qu'on a travaillé un an sur l'album et qu'on se connaissait d'avant. A la base, on vient de trois entités bien distinctes. Quand on a décidé de former un nouveau groupe, on s'est tout de suite posé la question : pour faire quelle musique ? On avait des goûts en commun, ça a scellé les choses. On avait surtout envie de faire de la musique qu'on n'arrivait pas à faire lors de nos expériences précédentes. Dans Vegastar, nous avons tous en commun un paquet de groupes.

Entre la musique que vous rêviez de faire et celle de votre premier album, "Un nouvel orage", le chemin a-t-il était semé d'embûches, de chausse-trappes?

Franklin (chant) : En fait, les choses se sont déroulés assez naturellement. A partir du moment où on a eu du temps et les moyens d'enregistrer, on a pu mieux enregistrer les parties électoniques de notre musique, on a peaufiné notre son en Suède avec un ingénieur du son choisis pour la qualité de ses productions. On s'est apreçu, alors, que nos morceaux fonctionnaient.

Jey : Si tu regarde bien, on a inclus dans cet album tous nos premiers titres "L'étincelle", "A cause de toi", "Un nouvel orage" et "Elle blesse". Avec ces chansons, on a tout de suite trouvé un terrain d'entente, un son qui nous ressemble.

Justement, dès les premiers titres, vos expériences passées vous ont-elles servies pour cerner les choses que vous ont fait échouer vos groupes précédents ?

Jey : Oui surtout sur les arrangements. Avant, on avait des mélodies et des orchestrations rock de base auxquelles on rajoutait des programmations électro. Avec Vega, on a appris à faire des chansons pop avec une grille d'accords, une mélodie de chant et ensuite, à les habiller. Même si certains morceaux comme "100ème étage" sont partis de boucles, les arrangements restent au service des chansons et pas l'inverse.

Franklin : Je me souviens que nos premiers titres étaient moins fournies en arrangements. On ne a fait évoluer certains pour les rendre plus attrayants. On s'est aperçu, pendant la tournée avec Pleymo, que certaines parties étaient trop longues, d'autres trop courtes, etc. On a ajusté en conséquence. Qunad on voit les réactions du public, ça aide beaucoup.

Jocelyn (batteur) : Mine de rien, le fait d'avoir jouer certains de ces titres sur scène, ça nous à permis de mieux nous les approprier. Ce qui nous a fait plaisir sur notre première tournée, c'est de voir que ce qui devait fonctionner fonctionnait. Maintenant, quand on compose, on sait exactemant ce que l'on va ressentir sur scène. On va plus facilement là où on veut aller.
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# Posted on Monday, 19 December 2005 at 6:52 PM

octobre 2005

octobre 2005
Une suite logique

Avez-vous le sentiment d'être parfois trop animé par un esprit de synthèse, à vouloir plaire à tout prix ?


Vince (basse) : Non, on a gardé ce qu'on faisait déjà bien avant. On a juste amélioré tout ce qu'on pouvait. On est reparti des bases de nos groupes précédents pour mieux se retrouver.

Franklin : On a gardé de nos anciens groupes tout ce qui nous rapprochait. Chacun a trouvé ce qui nous manquait tous.

Jocelyn : Au final, ce n'est pas une synthèse mais plutôt une suite logique de rencontres. c'est aussi un aboutissement de ce que j'avais mis en jachère sur Human Beat Box, mon groupe précédent. Ca aurait pu ne pas changer de nom à la limite...
De même que si j'avais pu commencer avec Vegastar, j'aurais encore plus l'impression d'être dans le même groupe.

Jey : Je vois vraiment Vegastar comme un aboutissement des cinq musiciens. Avant, nos groupes faisainet tous une musique qui avait "une étiquette", correspodant à une scène bien précise. Franklin était dans un groupe de pop (Noisy Fate, Ndr), moi et Vincent, on était dans une formation électro-metal (Brent, Ndr), Fabien et Jocelyn étaient dans un groupe de néo (Human Beat Box, Ndr). Aujourd'hui, on se retrouve dans un groupe qui fait de la msique, tout simplement. Ce n'est pas réducteur, c'est même plutôt libérateur dans le sens où l'on peut faire ce qu'on veut avec Vegastar. Si, aujourd'hui, on a envie de faire un morceau sans un guitare, on peut le faire. On a vraiment envie que les gens percoivent Vegastar comme un groupe libre de toutes contraintes, de toute étiquette.

En ayant un tel libre arbitre sur vos composistions, et en démarrant un groupe, n'est-ce pas plus difficile de trouver son propre style et de s'en tenir à une certaine cohérence musicale?

Vince : Non, c'est plutôt motivant de voir qu'on arrive à enregistrer un morceau comme "Post Mortem" qui n'a rien à voir avec "Mon repaire" par exemple. Et puis, il y a des correspondances aussi entre les titres a priori différents. Pour nous, ça reste du Vegastar. La résultance de nos cinq personnalités.

Jey : Disons que ce qui peut être difficile, c'est la perception que les gens vont avoir du groupe. Effectivement, avec notre musique à bases de guitares énergiques, certains peuvent avoir du mal à comprendre où on va. On aime beaucoup de styles différents et on a envie de les faire partager. S'il faut confronter une rythmique R&B avec des guitares néo, et si ça sert au mieux le morceau, pourquoi pas. Si, en revanche, on nous dit : " ah bien non, on ne peut pas faire comme ça parce que ça ne se fait pas !", on n'écoutera que notre avis. On espère qu'on s'adresse à des gens suffisament ouverts pour comprendre notre démarche et nous suivre.

Jocelyn : Je crois qu'il ne faut pas trop anticiper sur ce que les gens vont aimer ou pas dans Vegastar. Je pense juste que les gens qui collent souvent des étiquettes aux groupes risquent d'être un peu déroutées...

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De Kiss aux Ramones

L'image d'un groupe est souvent déterminante. Quelle importance accordez-vous à l'image que vous projetez autour de vous et auprès de vos fans ?

Jey : L'image est importante car, dans Vegastar, on fait de la musique mais on a aussi ce côté fun et spectaculaire. De Kiss aux Ramones, de Duran Duran aux Misfits, il y a toujours eu des groupes qui n'allaient pas chercher une image extérieure pour leur pochette de disques, c'étaient eux l'image du groupe. Je pense aussi que la meilleure image de Vegastar à ce jour, c'est nous, nos attitudes, nos visages. On a la chance de faire des concerts et, maintenent des albums. Alors, on porte sur nous l'image de notre groupe. Ca nous permet de se looker, de porter des coupes de cheveux bizarres. Tout cela nous est permis. Alors, pourquoi ne pas s'en servir ? On ne le fait pas trop en réfléchissant, ça vient naturellement. Ca fait partie de la musique, du délire , du côté show de notre rock. On s'en sert parce qu'on se sent à l'aise avec ça. Dans les 80's, chaque groupe entretenait une imagerie très forte. Ca s'est perdu au fil du temps avec le mouvment grunge où, à l'époque, on tapait facilement sur les rock stars et leurs frasques. Moi, j'ai toujours été attiré par Motley Crue et Duran Duran pour leur image. Ils avaient ce côté rock stars branleurs mais, en même temps, on avait envie d'y croire. C'est cette fantaisie qui plaisait et qu'on veut transposer dans Vegastar. On retrouve cet esprit dans l'artwork de l'album où on pose tous avec nos instruments. C'est un truc qui ne se fait plus tellement. Les musiciens ont trop peur d'être pris pour des poseurs. Nous, on aime bien s'amuser avec ces clichés du rock, avec des codes d'un temps révolu.

Franklin : Mine de rien, quand on a tous commencé à écouter de la musique moi c'était les Guns, j'avais quatorze ans, on s'intéressait autant au rock qu'au mode de vie des musiciens, leurs façons de s'habiller, leurs travers. Et, c'est ça qui me plaisait. Je me disais qu'un jour, si je monte un groupe de rock, je le ferais complètement.

Jocelyn : En France, j'ai toujours l'impression que le rock souffre d'être trop "underground", trop "éthique". Il y a vraiment trop de portes qui se sont fermées par trop de conventions, trop de "pas assez". Nous, ce qui nous a toujours branché en faisant Vegastar, c'est de pouvoir dire aux gens qui nous font chier : "on vous emmerde !". Je trouve que les groupes n'ont plus la possibilité de dire non quand il le faut, de dire ce qu'ils pensent, tout simplement. Un comble !

Jey : C'est Iggy Pop qui disait ça récemment : "On a perdu la notion de fun dans le rock". Parce qu'ils font être poli, pas trop comme ci, pas trop comme ça, on s'est imposé beaucoup trop de barrières. Le rock c'est juste une histoire d'éclate, sortir les gens du quotidien, faire du show, divertir. Alors qu'aujourd'hui, il faudrait se justifier de tous ces gestes et paroles avant même de les avoir faits ou proférés. Pourquoi se justifier ? Pourquoi toujours chercher une quelconque signification sociale, éthique, politique là où il n'y a souvent que du show,que de l'image ?
Ce n'est juste que du rock, que de la musique.

Jocelyn : C'est bizarre car, le principe du rock c'est de dire plus ou moins aux gens qui ne sont pas d'accord avec toi, c'est de ne pas écouter la bouche des autres ce qui est bien ou mal pour toi. Alors que, les trois quarts du temps, il faut se justifier à l'intérieur même de la scène rock. C'est dingue, les musiciens devraient être capables de comprendre leurs différences au lieu de donner leurs définitions du rock pour les autres. On a envie de sortir de cette période où la plupart des groupes se regardaient en chiens de faïence en raison de leur différence musicale. Et de retrouver une période où les gens sont contents de se voir, devant ou derrière la scène.

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Partager notre délire

Quels sont vos rapports avec vos fans ?

Jey : C'est marrant parce que j'ai rencontré récemment des fans de Vegastar qui sont venus me remercier parce qu'ils trouvainet que ça manquait en France, un groupe qui propose un show à l'américaine, un concert où on peut se looker, se maquiller, faire la fête et sortir de la rouitne du quotidien. Voilà, c'est tout ce qu'on attend. D'avoir des fans, des gens qui partagent notre délire. S'il exixte des gens qui veulent faire autre chose, des musiciens qui ont une autre vision de la musique, c'est très bien. On ne va pas leur chercher des noises pour cela. C'est pour ça que c'est difficile d'admettre que ces gens-là nous critiquent pour nos looks, nos coupes de cheveux, etc.

Jocelyn : Il y a eu un moment, au début de Nowhere, quand Pleymo et Enhancer ont commencé à percer, où j'ai eu l'impression que tout le monde avait envie de s'éclater. Ce qui n'a pas empêcher ensuite, une petite accalmie. Je trouve qu'on revient à une période plus fun. Nous, on est un bon exemple de ça, mais on n'est pas seuls. Il y a les Minimu Serious, Odja et bien d'autres. C'est comme un regain de fraîcheur

Vous vous sentez en réaction par rapport à un rock français plus classique ?

Jey : Pas forcément en réaction, mais on se débarque de toute cette vague de rock français à la Noir Désir qui, à nos yeux, ont représenté beaucoup pour une génération de musiciens et de fans de musique en France. C'est encore la valuer étalon du rock français. Simplement, nous ne sommes pas dans cette vague-là, on est autre chose. On n'est pas Noir Désir, et on ne sera jamais Noir Désir, on ne se calque pas à une carrière à la Noir Désir. On ne veut pas suivre leurs traces, on veut proposer quelque chose qui nous ressemble à cent pour cent. Par ailleurs, on ne se sens pas moins bons, ni meilleurs que certains groupes américains, qui sont, eux, les plus proches de ce qu'on veut faire. A l'instar de Slipknot, Good Cahrlotte, des groupes qui développent tout un univers autour de la musique, graphique, streetwear, on veut proposer une alternative. Encore une fois, ce n'est pas réfléchi de notre part. On ne se déguise pas pour être Vegastar, et si tu nous croises dans la rue, on sera exactement comme on est aujourd'hui, ou comme sur la pochette de nos disques.

Vince : Attention, on n'a aucune animosité envers les groupes qui nous ont précédés. Ainsi je ne dirais jamais du mal de Noir Désir. C'est juste qu'on ne fait pas la même musique.

Franklin : De toute façon, on est du genre à attirer les critiques, à être mis à aprt par les autres groupes. On s'expose à ça.

Quand on commence à écrire sa propre musique, on accepte aussi l'exposition, la critique, c'est la règle sans forcément que ce soit un jeu de massacre ?

Franklin : Oui, je le dis dans une des chansons. "Maître de ma vie", où je pense qu'il faut croire en soi, si no vuet avancer.

Jey : Avant de recevoir la critique des autres, il faut savoir s'accepter, s'auto-critiquer et aller chercher le meilleur de soi-même. Peu importe les critiques. Peu importe ce que disent les gens sur nous, on sait ce qu'on veut faire et personne ne nous fera changer d'avis. C'est toujours stérile de dire du mal des autres.Ce n'est pas ça qui fait changer les gens, ce n'est pas ça qui fait évoluer les goûts.

Jocelyn : C'est pour cela qu'on ne regarde pas trop dans l'assiette des autres
Fabien (guitare) : On entend souvent dans la presse rock, surtout en ce moment, des groupes en dénigrer d'autres. Du genre, un tel est un vrai rocker, un autre est un faux. On retrouce aussi ce genre de débats à la con dans les courriers des lecteurs. Un tel est un vrai punk alors qu'à la base du rock, tout le monde fait ce qu'il veut !

Et dans le groupe, tout le monde fait ce qu'il veut ?

Franklin : On a des prises de becs ! Ca chauffe parfois, mais c'est vite oublié, quleques minutes après. C'est normal, Vegastar n'est pas qu'un groupe qui fait de la musique.

Jey : On accepte la critique entre nous et cela va même bien pus loin que ça : quand on comence un titre, personne n'est maître deson instrument. Excepté sur scène, personne ne dirige son instrument. On est tous au service du morceau. Par exemple, Franklin peut très bien trouver une partie de guitare, Vince une parite de batterie, etc.

Jocelyn : C'est parfois aussi une affaire de goût. De toute façon dans Vegastar, on fait bloc. On est tous vraiment soudés, on a gardé un côté très gamins dans notre fonctionnement de groupe. On sort très souvent ensemble. A ce niveau, je ne connais pas beaucoup de groupe comme nous. On reste très à l'écoute entre nous.

Vous envisagez un jour avoir un autre fonctionnement ?

Franklin : Tant qu'il y a l'envie, qu'on est potes, on continuera.
Fabien : Ca fait déjà longtemps que ça dure ! C'est tellement fusionnel notre truc que cela m'étonnerait qu'on change rapidement de mode de vie. On fait très colonie de vacances (rires) ! On est devenu inséparables, comme des gamins de quinze ans qui ne se voient pas vieillir autrement qu'ensemble. On veut garder plus longtemps possible nos illusions. On ne veut pas mûrir notre musique


En composant, vous pensez à vous en tant que groupe ?

Jocelyn
: Ben, justement, c'est peut-être la seule chose qu'on ne fait pas ensemble. On compose chacun de son côté. Franklin, par exemple, a besoin d'être seul devant sa feuille. On n'écrit jamais en répétition, on ne jamme jamais. Du coup, on ne bloque jamais sur un titre. On essaie d'éviter quand la tension monte dans le local et que le morceau ne débouche sur rien de constructif. On préfère construire nos morceaux chacun de notre côté et proposer le résultat un fois réunis.

Fabien : Le fait de composer par atelier nous permet des milliers de combinaisons possibles. Et quand deux ateliers fonctionnent en même temps, n peut se retrouver avec le même morceau orchestré de deux manières différentes. C'est un peu ce qui s'est passé avec "Mortem".

Franklin : J'ai des mélodies de chant, je pars en général de mes idées pour les textes. Parfois, le texte commence par une phrase que je pioche dans nos discussions. Pour "A cause de toi", qui raconte l'histoire d'une fille adorée puis détestée au point de vouloir qu'il lui arrive les pires trucs, c'est parti d'une remarque des autres. Mais si je tiens quelque chose de fort, qui me touche beaucoup, je vais coûte que coûte essayer de l'imposer. Mais ça n'arrive jamais car ma vie, c'est un peu la leur aussi. Du coup, ce qui m'arrive est un point commun de plus entre nous. Ces dernières années, on a tous plus ou moins connu des histoires de rupture sentimentale. Du coup, quand j'écris un texte sur une histoire d'amour complètement foirée, les autres se retrouvent. On se comprend...

Fabien : L'album est bourré de petites histoires qui sont très représentatives de ce qu'on est. C'est comme un livre ouvert sur nos vies. On montre qui on est.
Jocelyn : Rarement dans le rock, je ne portais attention aux textes, je prenais la voix davantage comme un instrument. Et là, je me suis surpris à écouter nos textes parce que cela me causait. J'écoute désormais aussi plus les textes des autres, ceux du dernier album de Matmatah, par exmeple.

Jey :
On se place souvent comme auditeur de notre propre musique. C'est comme les textes de Vegastar, ils n'appartiennent pas qu'à Franklin, son auteur. On les revendique de la même manière. Ce sont nos textes. On est cinq personnalités très différentes mais avec une même sensibilité. C'est peut-être ce qui nous sauve.

Jocelyn : Ce qui est marrant avec Vegastar, c'est que ça occulte tout ce que j'ai vécu auparavant et qui était pourtant important. J'ai parfois l'impression de ne pas avoir eu de vie avant Vegastar. Notre premier disque représente ce qu'on est pour les gens et ce qui nous arrive tous les jours.
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Vivre à cent à l'heure

Ne pas vouloir se souvenir de toute sa vie, est-ce une manière de brûler sa vie, d'enterrer son enfance?

Fabien : Oui et non, car on est peut-être en train de la vivre notre enfance, ou notre adolescence. C'est tellement un rêve qui se concrétise. Et puis on se sent plus proche des gens plus jeunes, surtout quand on voit notre public. Ca nous convient parfaitement. Je préfère avoir des gamins qui s'éclatent aux concerts que des vieux chevelus qui ne montrent pas leurs émotions. C'est plus spontané.

Jey : Moi, je me dis aussi que j'ai vraiment perdu du temps avant. Depuis qu'on est cinq, je vis ce que j'ai toujours voulu vivre. C'est sûrement pour ça que j'occulte mon passé. Et puis, tout tourne autour de la vie du groupe. Ca doit d'ailleurs être usant pour les gens qui nous entourent et qui peuvent se sentir exclus de la famille Vega. On essaie de les impliquer un peu pour que ce soit plus supportable à leurs yeux.

Vince : Depuis deux ans, j'ai l'impression de vivre à cent à l'heure. De ne pas toucher terre. Chaque jour, il se passe un truc pour notre groupe.

Franklin :
C'est ce qu'on a voulu dire par "Nouvel Orage". On a envie de tout fracasser avec ce disque. De toute façon, on vit notre rêve d'ados : à quinze ans tu as envie de faire du rock ton métier, ta vie et quand ça se fait vraiment tu jubiles. Mais ce n'est pas par hasard, c'est aussi parce qu'on a su garder notre rêve éveillé.

Jey : En France, se lever un matin et se dire : "Je vais faire du rock et je vais devenir une rock star", c'est complètement fou. A quinze ans, je voulais être James Hetfield de Metallica, maintenant j'ai sa coupe de cheveux (rires) ! Gamin, j'ai revé des Gun's, je fais encore du rock aujourd'hui. Mais je ne pense pas avoir tué mon enfance. C'est dingue parce que lorsqu'on me demande ce que je faisait avant Vegastar, je réponds souvent que je travaillais, et quand on me demande parfois ce que je suis devenu, je dis que je fais exactement la même chose qu'au lycée sauf que je ne vias plus au lycée. Je n'ai pas l'impression d'être sorti de l'adolescence. C'est un truc cool du rock, ça.

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Avec un premier album fraîchement sorti (Un nouvel orage) et un single en heavy-rotation sur toutes les radios de l'Hexagone « 100e étage »), les cinq de Vegastar s'apprêtent à sillonner la France en long, en large, et en travers au cours des trois prochains mois. L'invasion a déjà commencé...

Vous venez juste de terminer le mixage du clip de « 100e étage ». Comment se sont passées ces quelques jours au Canada ?

Franklin (chant) : Au départ, différents réalisateurs nous ont envoyés des propositions de synopsis et c'est celui de Jean-François Pillon qui nous a branchés le plus. Sur place, on a retravaillé l'histoire de base avec lui et on en a aussi profité pour superviser le casting des figurants, pour être sûr que le résultat final nous conviendrait. Ensuite, on est resté quelques jours en vacances, mais on n'a pas choisi le scénario en fonction du lieu de tournage (rires) !

Ca démarre tout de même plutôt fort pour vous. Vous sentez-vous particulièrement soutenus par votre label ?

Jey (guitare) : Il faut savoir que de tourner à Montréal ça ne coûte pas plus cher qu'en France. De plus, l'architecture de la ville est en parfaite adéquation avec les paroles du morceau et l'on n'aurait pas forcément retrouvé les mêmes conditions à Paris. Et vu que c'était le réalisateur canadien qui avait eu la meilleure idée...Bref, tout était fait pour qu'on aille là-bas ! Après, c'est clair que Virgin nous a aussi énormément soutenus.

Cette signature avec Virgin, dans quelles conditions s'est-elle déroulée ?

Franklin : À l'époque de la tournée avec Pleymo, il y avait déjà pas mal de labels qui s'étaient montrés intéressés, mais aucun contrat n'avait été concrétisé. Du coup, on a décidé de faire l'album nous-mêmes, avec l'aide de Fred et Pendule de Watcha. A la fin de l'enregistrement, on a fait écouter les morceaux à tous les directeurs artistiques qui nous suivaient depuis longtemps, mais c'est celui de Virgin qui a été le plus réactif...

Jey : Et le plus drôle, c'est que, contrairement aux autres, Virgin était le seul label qui ne nous connaissait pas de longue date. Au bout d'une seule écoute du disque, sans rien savoir de nos antécédents, ils étaient décidés à nous signer. Et en y réfléchissant aujourd'hui, c'était vraiment ce qui pouvait nous arriver de mieux. On a fait l'album qu'on voulait, sans aucun pression du label. Si on avait signé avant d'enregistrer, peut-être qu'on n'aurait pas eu la même liberté artistique ? En fait, le disque sort tel qu'on aurait aimé le sortir en indé, si on n'avait pas trouvé de maison de disques. A la seule différence près qu'on n'aurait certainement pas pu aller le mixer en Suède...

Franklin : Il y a eu quelques labels qui nous ont demandé de faire plus de morceaux comme ci ou plus de chansons comme ça. Mais, pour nous, c'était cet album-là ou rien.

D'où vous est venue l'idée de confier le mixage à Stefan Glaumann ?

Jey : Notre musique est un mélange de plusieurs styles, qui vont d'ambiances « électro new-wave » aux grosses guitares du rock avec un chant très pop. Du coup, pour réussir à mixer cet ensemble sans que ça sonne trop metal, il fallait que l'on trouve la personne qui comprenne exactement ce que nous recherchions. Fred et Pendule avaient plusieurs idées de mix mais, par rapport à nos attentes, ça partait trop dans la même direction... Ils sont vraiment ultra forts pour mixer des disques de métal, mais ça ne collait pas avec Vegastar. Quand on nous a proposé de mixer avec Stefan Glaumann, qui avait très envie de bosser sur nos morceaux, on s'est tous dit que c'était une opportunité à ne pas laisser passer. Il est connu pour avoir mixé les derniers albums de Rammstein, mais à côté de ça il a fait un paquet de groupes pop. Donc on savait qu'il réussirait à dégager le meilleur de chaque titre.

Est-ce que cette expérience avec un producteur étranger vous a donné des idées pour vos futures productions ? Aimeriez vous enregistrer et mixer au même endroit avec la même personne ?

Jocelyn (batterie) : En ce qui concerne Glaumann, ça fait quinze ans qu'il a arrêté de faire des prises pour se consacrer uniquement au mixage. Donc, ça ne sera pas possible avec lui. Mais bien sûr qu'on y pense, même si aujourd'hui on est tellement content d'Un nouvel orage que, si on devait en refaire un autre demain, on garderait ce compromis entre enregistrement en France et mixage en Suède.

Parmi tous les groupes actuels de la scène rock internationale quels sont ceux qui vous impressionnent le plus en matière de production ?

Jey
: De manière générale, on a toujours dit que Linkin Park restait une des références en la matière. C'est peut-être trop produit pour certains, mais c'est quand même un des rares groupes qui, sans être non plus vraiment agressif, est superagréable à écouter. Il y a une foule de pistes, plein de petits éléments, mais que tu l'écoutes sur une grosse chaîne ou dans un autoradio pourri, ça sonne ! C'est ce genre de productions-là, parmi lesquelles Orgy est également un bon exemple, qu'on se sent évidemment le plus proche.

Jocelyn : C'est cet équilibre entre puissance et limpidité que Linkin Park a parfaitement su trouver.

Fabien (guitare) : En règle générale, les groupes scandinaves ont aussi un gros son. Il n'y a qu'à écouter le dernier The Rasmus pour s'en rendre compte.

Certains de vos amis sont venus vous prêter main forte sur quelques morceaux. Etait-ce nécessaire pour vous rassurer ou cette démarche s'est-elle faite naturellement ?

Jey
: Comme c'est le premier album, t'as forcément envie de le partager avec les gens qui t'ont soutenu. D'une certaine façon, c'était normal pour nous de demander à ces gens-là de nous filer un petit coup de main pour l'album, comme ils l'ont toujours fait avec le groupe depuis le début.

Jocelyn : C'est aussi une forme de reconnaissance que d'avoir ces personnes-là sur l'album. Pour ce qui est de Toni d'Enhancer, qui chante sur « La faille », c'est avant tout un moyen de remercier toute la Team Nowhere pour tout ce qu'ils ont fait pour Vegastar depuis trois ans.

Fabien : Pour ce morceau, il nous fallait une partie de chant hurlé et, comme c'est pas le truc de Franklin, on a demandé à Toni de venir la faire. On est tous fans de sa façon de gueuler et si tout se passe bien il devrait venir faire le morceau à l'Olympia pour la sortie de l'album (l'interview a eu lieu début septembre, ndlr).

Jocelyn : Ensuite, il y a eu Pierre Guimard, l'ancien guitariste de Noisy Fate, qui nous a filé un coup de main sur « L'ombre de vos vies », de loin le titre qui nous a donné le plus de fil à retordre. On aimait vraiment le morceau, mais on n'arrivait pas à lui trouver la bonne orchestration. On avait beau le retourner dans tous les sens, rien à faire ! Et, à faire chaque fois qu'on croisait Pierre, il nous jouait la chanson à la gratte, parce qu'il adore ce titre... Au bout d'un moment, on en a tellement eu marre qu'on lui a dit de nous proposer sa version de la chansons et, là, pour le coup, il nous a vraiment éclatés (rires) !

Outre son appartenance au collectif Nowhere, Vegastar a aussi beaucoup fait parler de lui par l'intérêt prononcé qu'il porte au look. Vous assumez cette image de branleurs qui vous colle à la peau ?

Jocelyn : À fond la caisse ! (soulevant sa veste, ndlr) Je vais même te montrer mon nouveau T-shirt pour la peine (rires) !

Jey : Pas mal de gens pensent que c'est une attitude réfléchie alors qu'on fait ça le plus spontanément du monde !

Franklin : C'est pour ça qu'on travaille nos visuels pour que ça ressemble à ce que l'on est en vrai. Par exemple, on ne s'est pas déguisé pour la photo de la pochette. On est fringué exactement de la même façon que dans la vie de tous les jours.

Les groupes de rock qui s'affichent sur la pochette de leur disque ne sont pas nombreux aujourd'hui...

Jey : C'est vrai, mais pour nous c'est ce qui nous représente le mieux au moment de sortir notre premier album. On n'en est pas encore à l'heure des albums avec des concepts, donc ça nous paraissait évident de nous mettre tous les cinq en photo. C'est une manière de se présenter et c'est également un petit pied de nez au côté poseur dont on parlait à l'instant. Vegastar est un groupe de poseurs ? Eh bien, oui...Et on l'assume (rires) !

L'année dernière, vous utilisiez aussi une chanson des Backstreet Boys pour l intro de vos concerts. Finalement, vous tendez volontiers le bâton pour vous faire battre ?

Fabien : Tout à fait. C était clairement une autre façon de dire : « Vous pensez qu on est un boys band ? Très bien. Ecoutez donc notre musique et allez vous faire mettre bien profondément ! » parce que, sur scène, Vegastar c est quand même assez violent, et au final tout le monde a bien pris la blague comme elle devait l être.

Depuis bientôt un an, vous avez tout à tout ouvert pour Enhancer, The Rasmus, AqME et bientôt Mass Hysteria et Kyo. Y a-t-il d'autres groupes avez qui vous aimerez partager des concerts ?

Fabien : Ouais, carrément ! On adorerait partir sur la route avec les Minimum Serious. Ce sont des mecs avec qui l on s'entend super bien et on aime beaucoup ce qu'ils font.

De la même manière que Pleymo vous a pris sous son aile en tournée, à qui aimeriez-vous donner un coup de pouce quand vous serez en mesure d'aider un jeune groupe ?

Jey : Si un jour on a la chance de choisir nos premières parties comme Pleymo l'a eue sur le Rock Tour, on aimerait bien le faire pour Mölten ou Odja. C'est quand même le but de du jeu de continuer à soutenir des groupes qui démarrent, parce qu'il faut bien reconnaître que si on en est là aujourd'hui c'est surtout grâce à Pleymo.

Fabien : À la base, la solidarité entre groupes c'est le fondement même de Nowhere. Ca m'a toujours fait halluciner de voir que des gens pouvaient s'en prendre à la Team Nowhere, Comment peux-tu dénigrer un principe aussi noble que l'entraide ? C'est tout bonnement ahurissant...

Certains d'entre vous ont joué avec des groupes anglo saxons comme At the Drive-in, Lostprophets, Chokebore, Sick Of It All ou Madball. Aujourd'hui, avec quelle formation aimeriez-vous partager l'affiche ?

Fabien : Après bien des discussions, je crois qu'on se mettrait tous d'accord sur Depeche Mode, On vient juste d'écouter le nouvel album et, franchement, ça défonce.

Quel est votre programme pour les six mois à venir ?

Franklin
: Début octobre, on commence l'Europe 2 Campus Tour avec Mass Hysteria et Melatonine et, dans le même temps, on joue avec Kyo jusqu'en décembre. On espère attaquer noter propre tournée au printemps. Entre-temps, on commencera à composer note deuxième disque ente janvier et mars.
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# Posted on Monday, 19 December 2005 at 7:20 PM

octobre 2005

octobre 2005
Vegastar
Viva Las Vegas


Gros son, grosses guitares et un mix de synthés furieusement 80's, un look croisé entre Depeche Mode et le pur métal, le tout doublé d'un sens inné de la pop : voici les Vegastar qui décollent en première partie des Kyo pour imposer leur style.

Jocelyn le batteur porte un pansement, séquelle d'une baston ( :p) pendant que Vincent le bassiste et Franklin le chanteur répondent à un autre journaliste, Jey et Fabien, les guitaristes, confient à Tribu Rock tous les espoirs de leur groupe, né de la réunion de trois formations Noisy Fate, Brent et Human Beat Box qu'ils ont chacun quittés pour fonder Vegastar.


Alors c'est des retrouvailles musicales du collectif de la Team Nowhere...

Jey : « Vincent et moi, on vient de Besançon, Fabien et Jocelyn d'Orléans, et Franklin de Paris. On s'est rencontrés sur des concerts et il y avait vraiment des affinités musicales. Tous les cinq, nous avions envide de faire la même chose. Ce qu'on n'arrivait pas forcément à faire dans nos groupes respectifs. Donc, on a fait Vegastar. On avait des amis ici comme Pleymo, Enhancer qui font partie du collectif. Et voilà, on s'est retrouvés à Paris ; l'aventure a commencé. »

Et du côté des influences musicales ?

Jey : « Au départ, on vient de scènes différentes. Franklin vient de la pop, Fabien et Jocelyn plus du metal. Avec Vince, on vient de la scène hardcore et on a des bases new wave. »

Il y a un côté synthé 80's très fort chez vous...


Jey : « Je suis énormément fan de Duran Duran, de New Order, de Depeche Mode : ce sont des groupes énormes. Et ce qui est marrant car on vient d'univers musicaux différents, c'est qu'on avait une même envie de mélanger tout cela. Dans nos groupes, avant, on était dans un style plus ou moins précis, une étiquette ; alors que dans Vegastar, c'était vraiment l'envie de mélanger ces styles. »

Vous avez fait vous-même votre premier EP, qui ne devait pas être mal puisqu'on retrouve certaines chansons sur l'album.

Jey : « Oui, deux. Le départ a été assez rapide puisqu' avec des amis comme Pleymo et Enhancer, on a eu tout de suite des opportunités. Et en mai 2003, Pleymo nous a offert la première partie de sa tournée 2004. En gros, on avait six mois pour être prêts. Et on voulait proposer quelque chose au public, c'est-à-dire qu'il puisse venir au concert et repartir avec un disque. Donc a fait cet EP rapidement. On a travaillé avec nos potes de Watcha, enregistré dans note chambre et mixé chez eux. C'était super rapide. Comme l'EP avait été fait un peu à l'arrache, on a repris deux titres dans l'album car on voulait les réenregistrer. »

L'autre unité de l'album, c'est la voix, bien présente ou très en avant.

Jey : « Il y a le son Vegastar effectivement. Mais on a des titres pleins de couleurs différentes. On a des morceaux très new wave, des morceaux très hardcore et la voix de Franklin sert de trait d'union. Des chansons très dures, des ballades, des morceaux new wave et du coup, la voix te permet de suite d'identifier le groupe. »

Partagez-vous tout à cinq ?

Fabien : « C'est la condition numéro 1. Tout, même le taxi. Les filles, cela arrive aussi. C'est une vraie démocratie. »

Le look est fidèle au mélange de la musique, un peu Depeche Mode, Cure avec un côté metal.

Jey : « C'est ce mélange un peu urbain du rock avec de la new wave. Ce qu'on a fait en musique, effectivement on ressemble à cela en vrai. Et tous les jours. »

Fabien : « On n'est pas déguisés. On est là comme sur scène, toujours fringués pareil. Entre noir et noir, il y a du noir. On revendique le côté show du rock. On voulait retrouver ce côté spectacle à l'américaine. On balance le son et on fait s'éclater les gens et c'est tout. C'est le côté fun du rock qui nous intéresse. »

Vous assurez aussi le merchandising...

Jey : « Oui, ça fonctionne bien, T-shirts, sweats, bracelets, badges... Avec Franck, le DJ de Pleymo, j'ai crée Kill il y a un an. C'est une vraie ligne de vêtements (www.killwear.com). Il n'y a pas que la musique dans Vegastar, il y a tout un univers visuel, des fringues, des concerts... »

Vegastar, c'est la 5e étoile la plus lumineuse de l'univers. Pourquoi ne pas avoir choisi la première ?

Fabien : « C'est moi qui ai trouvé le nom, mais cela n'à aucun rapport à la base avec l'étoile. Quand je l'ai trouvé, je ne savais même pas que c'était une étoile. Et je l'ai su que longtemps après. En fait ; c'est Vegas star... la star de Las Vegas ! Une idée un peu kitsch, mais je voulais un nom avec le mot « star ». En plus, je suis fan du film « Las Vegas Parano », tout ce délire un peu zarbe... »

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On vous en avait parlé il y a quelques mois, les Vegastar débarquent aujourd'hui avec l'album en poche et signature chez Virgin ! « Un nouvel orage » va électriser votre cerveau, et ça risque fort de griller votre brushing !

Entre la musique que vous rêviez de faire et ce premier album « Un nouvel orage », êtes-vous arrivés là ou vous vouliez aller ?

Franklin
: Oui, je pense. Disons que cet album, on a quand même mis deux ans à le composer. On a eu le temps de faire beaucoup de chansons et les chansons qu'on a gardées, ce sont celles qui nous plaisent le plus et qui nous permettaient de faire un album assez varié. On ne voulait pas que ce soit toujours le même truc, et c'est pourquoi il y a des chansons énervées et des chansons plus calmes. C'est effectivement l'album qu'on voulait. On s'est nourri de tout ce qu'on aimait dans la musique, de la pop de Coldplay, aux grosses guitares de Korn, en passant par l'électro de Depeche Mode, et on a fait notre sauce à nous.

Jocelyn : Vu qu'on vient de différents groupes avant, et qu'on a eu cette expérience, c'est vrai qu'il n'y a pas eu cette espèce de discussion de se demander à quelle scène on appartenait. On fait exactement ce qu'on veut faire et on n'a pas d'étiquette. On a construit le style Vegastar sans qu'il y ait vraiment de discussion. Ça s'est fait comme ça !

Franklin : C'est ça qui est marrant. C'est qu'on ne s'interdit vraiment rien. Si un titre nous plait juste avec du piano, on le fait, mais on garde toujours notre style Vegastar. En tout cas, c'est ce que les gens nous disent aussi.

« Le Maître de ma vie », c'est une mise au point, un petit règlement de compte ?

Franklin
: Pas vraiment. C'est un peu une façon de dire aux gens qui critiquent Vegastar, car il y en a quelques-uns – quand un groupe marche vite, il y a toujours des détracteurs que ça énerve - : vous pouvez continuer à user votre salive, à parler de nous à droite à gauche, ça ne changera rien ! Nous, on continue à avancer. Voilà, Allez vous faire foutre, nous, on avance et si vous ne nous aimez pas, ne nous écoutez pas !

Jocelyn : Je pense que le fait qu'on arrive si vite, qu'au bout de trois semaines, on a un site avec des photos où on fait les branleurs... ça plaît pas toujours. En France, t'as pas le droit de te la raconter et, nous, on fait que de se la raconter depuis le début. Du coup, maintenant que l'album arrive, il y a des gens qui sont obligés de constater qu'il n'y a pas que les mèches et le gel dans les cheveux, mais qu'à côté de ça, il y a du travail. Peut-être que certains de nos détracteurs vont arrêter de l'être.

« La Faille », le morceau le plus violent de l'album. Tu peux nous parler de « cet accès de fièvre » ?

Jocelyn
: La veille, on avait fait une ballade au piano et le matin du réveil, on avait envie d'un truc énervé...

Franklin : C'est parti d'un gros riff de guitare, et il y avait un long passage instrumental assez néo, et moi comme j'aime pas trop gueuler, on s'est dit que ce serrait cool d'inviter un pote qui fait du metal bien énervé, et on s'est dit : on n'a qu'à inviter Tony d'Enhancer. Il a répondu présent et il a super-bien assuré.

Vous avez fait l'Europe 2 Camous Tour le 27 septembre, à l'Olympia, avec Mass Hysteria et Melatonine, est-ce que c'est la façon de vous détacher un peu de la Team Nowhere ?

Jocelyn
: Pas du tout. C'est plus une façon, à la limite, de se détourner de l'image que pourraient prendre les choses, vu qu'on fait vingt dates avec Kyo. C'est juste une opportunité qu'on a eue et voilà. C'est l'occasion de faire d'autres scènes. On se sent aussi bien en première partie de Kyo que de Pleymo, et sur l'Europe 2 ce sera pareil ! Une chose est sûre : on n'a aucun groupe qui se marche dessus dans la Nowhere. Il y a quatre univers entre Enhancer, Pleymo, Wunjo et nous, et personne n'est sur le même terrain. Par contre, c'est la même scène.

Franklin : Nous, on a envie de jouer, voir notre public, montrer ce qu'on sait faire, ce qu'on peut faire, ce qu'on est voilà. On va faire la fête !

Je sais que vous accordez beaucoup d'importance à votre image. Est-ce important pour vous d'avoir un look par rapport à la musique ?

Joceyn : Le groupe ou pas, j'ai toujours eu envie de bien me fringuer, à la façon des gens que j'aime bien et des groupes que j'aime. Après, bien évidemment, dans le groupe, y'a des trucs que tu as envie de reproduire. On n'a rien inventé. Nous, on s'inspire des choses qu'on aime, on aime les gens lookés. Alors, pourquoi ne pas faire pareil ? Voilà, c'est tout.

Franklin : Ce qui est bien aussi, c'est que c'est homogène dans le groupe. Quand on s'est rencontrés, on avait tous cette envie de faire un truc où l'image était importante. Ce qui est marrant, c'est que parfois, quand on se balade dans la rue, tous les cinq, il y a des gens qui nous arrêtent en nous disant : « Vous êtes un groupe ? », alors qu'ils ne connaissent pas Vegastar ! On voit qu'on est un groupe de musique. C'est rigolo !

Il y a quelques mois, on s'était rencontré, vous rêviez de signer dans une maison de disques et vous nous aviez raconté les difficultés d'un groupe : que c'était dur, qu'il faut travailler sans cesse, ne pas baisser les bras... Comment vous sentez-vous aujourd'hui ? Pensez-vous avoir eu de la chance ou est-ce un juste retour des choses ?

Jocelyn
: Il y a un peu des deux. Je pense que des bons groupes, il y en a plein, et des groupes qui signent, y'en n'a pas beaucoup. On a travaillé dur, c'est vrai, on a toujours été motivés, on s'est bougé le c..., on aime vachement ce groupe et, du coup, je crois que ça se sent et certaines personnes ont cru en tout ça. On a de la chance et, en même temps, on a fait ce qu'il fallait. On est très content d'avoir signé chez Virgin.

Franklin : Vegastar existe depuis deux ans, mais on a tous fait partie de groupes avant. Ça fait dix ans qu'on fait de la musique. Y'a pas de formule miracle, mais on a tous fait des choix dans notre vie et on s'est tous donné les moyens de continuer. Je crois que quand on y croit vraiment fort, ça finir par payer !

Vous parlez souvent de la difficulté d'exister face à soi-même et face aux autres. Exister envers et contre tout, c'est votre cheval de bataille ?

Franklin
: Comme je disais tout à l'heure, quand on choisit un métier marginal comme la musique, effectivement, c'est un combat. Combat contre la famille qui voyait en moi un grand ingénieur, donc j'ai dû me battre pour leur prouver que c'était vraiment la musique que je voulais faire. Quand tu as 15 ans et que tu dis à tes parents que tu veux faire partie d'un groupe, faire des concerts... les gens te répondent : « C'est bien mon petit, va plutôt bosser tes math ! »

Une envie folle de défendre l'album sur scène ? Comment ça va se passer ?

Franklin
: Là, on va s'enfermer pendant quatre jours sur une scène en configuration concert pour vraiment répéter le show. Ce sera le show Vegastar avec cinq fous qui bougent dans tous les sens, super lookés !

Un petit message pour vous fans !

Franklin
: Merci pour tout ! C'est un peu grâce à vous qu'on a gardé la foi et qu'on est là.

* Nos rêves : "On adorerait jouer avec Depeche Mode ! On aimerait aussi bien se faire une tournée avec les Linkin Park. Ce serait sympa. Jouer avec des U2, Duran Duran ! ça serait énorme !"

* Le visuel de l'album... "
C'est Jey qui s'occupe de tout le graphisme du groupe. Il le fait super-bien depuis le début. ça nous correspond plutôt bien. Il nous consulte, on lui donne nos idées et il construit quelque chose qutour de tout ça. Pour ce qui est des photos de l'album, on cherchait plus un photographe de mode et on a rencontré ce génial Maxicain qui a bossé avec nous."

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"On n'est pas un ghetto" : l'interview de Vegastar

Ex première partie de The Rasmus, camarades de tournée des Kyo, protégés du collectif metal Team Nowhere : le CV des Vegastar impressionne et pas qu'un peu ! Sorti en septembre, leur album « Un nouvel orage » fait d'eux les outsiders du rock français... tout comme des tendances pop et new wave. Avec Franklin au micro, Fabien et Jey aux guitares, lumière sur un groupe bien décidé à ne pas entrer dans des cases...


Comment est né le phénomène Vegastar ?

Franklin
: Au départ, on officiait tous les cinq dans trois groupes aux résonances différentes. Fabien et Jocelyn - le batteur - viennent du groupe de néo-metal Human Beat Box, Jey et Vince - à la basse - sont issus de Brent plus centré rock electro. Quant à moi, j'ai commencé avec Noisy Fate, une formation pop rock. Il y a trois ans, Fab et Jocelyn cherchaient un chanteur, Noisy Fate ayant splitté, je me suis joint à eux. Sous le nom de Vegastar, on a partagé quelques scènes avec Brent, avant de récupérer Jey et Vince. Dès lors, on a enchaîné l'Olympia, la première partie de The Rasmus puis une signature chez Virgin. On en est là.

Il y a autant de diversité dans la composition et l'écriture de vos textes ?

Jey
: Oui. On compose tous ensemble en home studio. En fait, chacun arrive avec des bribes de morceaux et soumet ses idées au reste du groupe. Tout le monde se pose ensuite autour des arrangements. Idem pour les paroles : Franklin écrit mais on suggère tous nos thèmes. Par rapport à Virgin, nous avons d'ailleurs beaucoup de liberté sur les morceaux.

Fabien : On choisit nos propres singles, on gère tout de A à Z.

Un nouvel orage mélange pop, new wave et rock bien saturé. Pas facile de vous cataloguer ?

Fabien
: L'album mixe pas mal de styles mais la voix de Franklin et notre musique restent personnelles. C'est un fil conducteur entre les 11 titres.

Franklin : On n'adopte pas de famille précise. Logique, on cumule plusieurs influences : du grunge, du R'n'B, du hardcore, de la pop. On écoute aussi bien The Cure, Nirvana ou Interpol que Duran Duran et Coldplay.

Jey : Voir Christina Aguilera si le son est bon ! Notre optique, c'est « zéro étiquette ». On n'est pas un ghetto, on fait de la musique pour qui veut l'entendre. On peut donc toucher à tout. Bon ok, peut-être pas au zouk et au reggae...
Pourtant, on vous trouve aussi chez les métalleux de la Team Nowhere...

Jey : La Team Nowhere, c'est une bande de potes. Avec Pleymo, Wünjo et Enhancer (membres du collectif), on à réussi à se porter mutuellement au devant de la scène. L'idée, c'est d'utiliser notre diversité musicale au service du collectif. On se dit que si un public nous aime, il ira aussi forcément vers les autres groupes.
Franklin : Dans la même optique, on a crée un autre collectif, Street Team.

Donc la scène métal française n'est pas vraiment une scène métal ?

Fabien
: La scène métal aujourd'hui est marquée par un retour aux mélodies. On a besoin d'avoir des refrains que tout le monde puisse retenir et chanter. Et pas qu'en France, regarde Slipknot...

Jey : C'est un point de vue perso mais je pense que les groupes de métal cherchent tous à s'imposer d'abord par la rage. Puis on passe très vite à autre chose, il y a un besoin de se renouveler musicalement.

Faire du rock dans la langue de Molière, c'est réducteur ?

Jey
: C'est pas évident. Actuellement, beaucoup de groupes de rock français sont jugés comme étant des groupes commerciaux parce qu'ils passent sur NRJ. C'est vrai qu'on est noyés entre M Pokora et K Maro sur les ondes sauf que si tu te penches sur le Top 10 des ventes, tu ne risques pas de croiser beaucoup d'albums rock.
Fabien : C'est marrant. Il y a deux ans, les gens se plaignaient de l'absence de rock sur la FM et maintenant qu'il y en a, les mêmes se plaignent toujours.

Vous jouez en ce moment les premières parties sur la tournée de Kyo après avoir assuré celles de The Rasmus. Et si on vous demandait de choisir VOTRE première partie ?

Fabien
: J'aime bien Mölten, un groupe de pop electro.

Franklin
: Odja est pas mal non plus. Du métal qui déchaîne bien les foules. Sinon avec nos amis de Minimum Serious, du punk rock bien trempé, on est certains de mettre le feu. En attendant, on continue de faire ce qu'on fait de mieux : chauffer la scène.

# Posted on Monday, 19 December 2005 at 7:48 PM

novembre 2005

novembre 2005
VEGASTAR
Vegasphère


S'il est un groupe qui a réussi son coup cette année, c'est bien les Vegastar. Restait à confirmer l'impact de leurs chansons, à l'épreuve du feu scénique, avec les Mass Hysteria ou avec Kyo. Premières impressions sur le vif avec ces derniers, en terres volcaniques.

Il est 17 heures et le Forum de la Fnac à Clermont-Ferrand, à quelques encablures d'une place de Jaude en pleins travaux, commence sérieusement à se remplir. Et même si ce n'est pas la cohue provoquée par Kyo, la veille au même endroit, les Vegas sont sacrements attendus.


VegaFnac

Certains de leurs fans attendent depuis une bonne heure une arrivée qui tarde un peu mais les voilà enfin. Et c'est peu de dire que les cinq rockeurs dénotent face aux jeunes bien sages qui sont impatients de voir « en vrai » et de près leurs nouvelles rock stars. « Je les ai découverts avec 100ème étage à la radio, et j'ai tout de suite adoré. Je ne pensais pas que le groupe viendrait aussi vite ici. » s'enthousiasme Aurore, un magazine à la main, prêt à être dédicacé. Vegastar va jouer en acoustique quelques-uns des meilleurs titres d' « Un nouvel orage », leur premier album sorti quelques jours auparavant. « Tu vois, on joue ce soir au Zénith de Cournon devant certainement plus de quatre mille personnes en première partie de Kyo, mais je crois que j'ai plus le trac d'interpréter devant nos fans nos chansons dans des versions plus nue, juste avec guitares et nos voix », confesse Franklin, le chanteur, à deux doigts de prendre en main sa guitare sèche. Jocelyn, le batteur, s'écarte discrètement pour laisser place à ses quatre amis musiciens. « Dans ce genre de showcase, j'aime bien voir le groupe jouer comme simple spectateur mais je suis quand même frustré de na pas pouvoir battre le rythme, je me réserve pour ce soir, où ça va saigner ! » Le ton est donné. La session dure une bonne demi heure, se ponctue par 100ème étage, suivie d'une séance de dédicaces des plus honorées, garçons et filles aux premiers rangs. Pas de protocole, ni de bousculades, tout le monde a l'opportunité de faire signer tout ce qui peut se présenter, un cahier de classe, un article de son magazine préféré, son tee-shirt, son bras, son cou... Tout y passe. Et le quintette ne ménage pas ses efforts, à l'aise auprès d'une assistance aux anges.

Vegaloges

Direction la banlieue sud-est clermontoise, le Zénith de Cournon, où se croisent, dans un étourdissant charivari, quarante mille agriculteurs en plein salon, avec leurs vaches et cochons, et les près de cinq mille kids sur-excités, venus assister au concert Kyo + Vegastar... Le choc des (agri)cultures en somme. Après quelques routes et carrefours bouchonnés, l'on se dirige, muni d'un « All passes » VIP, véritable sésame dans ce Zénith flambant neuf, plus ou moins directement dans les loges des Vegastars. On croise Marc Maggiori et Ben de Kyo, en pleine discution sur ce qu'il devrait se passer ce soir. « Tu vas voir, je vous prépare une sacrée suprise ! Tu peux m'appeler le technicien, ce soir (rires) ! », glisse d'un air amusé et plein de facétie, le chanteur de Pleymo qui supervise ici, pour la première fois en direct live, les vidéos de Kyo qui passent en fond de scène. Ben, lui, est relax, se montre curieux de tout, il est ravi de nous voir. Nous, on a peine à croire qu'il est La star du soir. Ça doit faire partie du charme du personnage. Et c'est très agréable de voir qu'il n'a pas changé. Retour dans les loges de Vegas. L'heure est aux derniers raccords vestimentaires, ultimes effets de maquillage et autres subtilités qui n'appartiennent qu'aux rockeurs qui aiment bien faire le spectacle. L'ambiance est au beau fixe, malgré le stress de l'avant-show, ce trac qui se fait sentir à mesure que le temps avance. Plus que cinq minutes avant d'entrer sur scène. Ça se chauffe la voix et ça cause setlist (« Tu crois qu'on a raison de jouer les morceaux speed ? », s'interoge-t-on à droite, « je ne suis pas sûr que le public de Kyo préfère les ballades », en écho à gauche). Plus le temps de gamberger titres, les Vegas doivent garder de l'influx et se motivent tant bien que mal en se chambrant, des rots suivent, des grimaces durcissent les visages. « Aller les gars, ce soir, c'est le moment de tout donner ! On ne doit pas avoir de regrets ! », se concentre, en bon capitaine d'infortune, Franklin.

Vegashow
Ça y est, c'est parti pour le show, comme dit la célèbre chanson belge... Pourtant, dès les premiers instants, le son est légèrement brouillon, les lumières un peu à côté de la plaque et les cinq musiciens semblent se regarder comme s'ils avaient besoin de se rassurer entre eux d'abord. Les choses s'arrangent fort heureusement très vite, notamment sur « Mon repaire » et « Maître de ma vie ». Le groupe joue mieux qu'à l'Olympia, à l'énergie, à l'audace, à l'abordage. Les titres défilent à vitesse grand V, et le public, chaud bouillant, remise sifflets et autres drapeaux à l'effigie de Kyo pour profiter de l'instant pleinement. La quasi intégralité de « Un nouvel orage » est ainsi présentée studieusement mais avec conviction. D'instinct, le groupe en profite et force un peu le trait. Le style se montre plus démonstratif (surtout « A cause de toi »), les cinq occupants mieux la scène vers la fin du set, plus en confiance qu'au début. Plus énergique, l'attitude du groupe colle parfaitement à l'esprit « show-rock » typique du néo-etal hexagonal. Pas de doute, la set-list fonctionne déjà bien avec « 100ème étage » en apothéose électrisée. Reste aux Vegas, à engranger de l'aisance et de l'expérience face au public. Question de rodage.

Vegafter
Le spectacle terminé, les Vegastar viennent retrouver les Kyo, dans leurs loges. C'est la fête ! C'était une première elle fut réussie. Marc de Pleymo a déjà oublié ses tracas techniques, et plaisante au beau milieu de ce petit monde. Ce n'est pas le dernier à déconner. Il s'empare du dernier Rock One et s'arrête sur la poto d'Indochine : « Oh merde, tu savais qu'ils avaient embauché Francis Zéguth dans le groupe ? Un look pareil, à leur âge ! En même temps, je me demande bien comment je serai dans quelques années ! ». Quel taquin ! Mais les Vegas ne sont pas en reste. Le magazine est disséqué et tout le monde en prend pour son grade, nous les premiers. Quant aux cinq Kyo, ils ne donnent pas leur part du gâteau. Les vannes fusent, le champagne coule à flots. Ben prend le temps d'expliquer à une nouvelle fan pourquoi Pierre, le bassiste du groupe sur scène, n'est pas sur les photos officielles. Sa patience est naturelle. Son regard poupon illumine une soirée qui ne fait que commencer. Des gagnants au concours d'une radio locale sont à la porte, guettant le moindre aller-venue. Ils ne sont pas encore rentrés, eux aussi, au grand dam des parents qui les attendent certainement à l'extérieur de la salle. Plus tard, une fois les ultimes congratulations faites, les deux groupes décident de fêter leur première en petit comité dans une boite de nuit, à deux pas du Zénith, avant de prendre le route pour Bordeaux, où on les attend le lendemain. « Nous, on se revoit bientôt au Zénith à Paris ? » OK, Vega rendez-vous, donc.
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EUROPE 2 CAMPUS TOUR
MASS HYSTERIA + MELATONINE + VEGASTAR


Olympia, Paris
Jouer à l'Olympia. Tout un symbole. Celui qui permet de dire à tes parents et tes mais : « ça y est, j'y suis ! ».
Les heureux vainqueurs du concours « Campus Tour » délivrent leur pop-gothic-rock tout de rouge et noir vêtus. Vingt minutes pour convaincre une foule parsemée, c'est la prix à payer pour leur première dans la salle mythique. Les cinq garçons de Vegastar attendent ce moment depuis longtemps. Défendre leurs nouveaux titres devant le public parisien, le jour de la sortie de « Un nouvel orage », devient un vrai défi. Dès les premières notes, les Vegas sont à la hauteur de l'évènement. Les tubes s'enchaînent (« 100ème étage », « A cause de toi », ...), le son est propre (peut-être un peu trop d'ailleurs...) et nos cinq amis sont fort concentrés sur leurs instruments. Du coup, on attend en vain le déclic, là où le concert manque cruellement d'énergie et de folie. L'arrivée de Nitro d'Enhancer, en featuring sur « La faille », nous rassure en fin de set. Libérez la force qui est en vous sur scène, les gars, et revenez très vite mettre le dawa à l'Olympia en tête d'affiche, cette fois-ci ! Melatonine persiste et signe. Plus à l'aise désormais sur scène, le groupe assume mieux leur power-pop. Les singles efficaces défilent (« Prozak Génération », « J'aime pas »). Bénédicte, toujours aussi sexy, reste cependant trop nerveuse face à son public avec ses cris stridents (Allez Pariiiiiiiiiis !). L'heure de vérité pour les Mass Hysteria arrive enfin. Un sans-faute, sinon rien. OK, les mecs ont d'la bouteille, et ils comptent bien faire taire les mauvaises langues. Un trio féminin de violon-violoncelles nous baignent dans une ambiance hors-normes. Les cinq Parisiens déboulent avec « Attracteurs étranges ». La claque en deux temps, trois mouvements. Le son est énorme. Le public part en live. Le sol de l'Olympia se transforme en trampoline géant ! Mouss humpe le sourire aux lèvres, Yann fait la toupie avec sa guitare, Olivier se métamorphose en magicien du son, Stephan et Raphaël défoncent le tout sans fioritures. La set-list oscille entre brulôts de scène (« Zion », « Contraddiction ») et mélodies ambiantes (« Remède », « Un homme à la mer »). Le rappel mettra tout le monde d'accord avec les hymnes « Respect To The Dance Floor » et « Furia » qui depuis plus de dix ans, rendent les mass(es) complètement hystériques à la limite de la transe !

# Posted on Monday, 19 December 2005 at 7:55 PM